ALPAGA BOLIVIA

Minuit, le 31 mai, on quitte Salta pour « La Quiaca », la dernière ville en Argentine avant le passage de la frontière bolivienne.
Dehors une famille est venue accompagner un des leur qui s’éloigne avec le bus. Ils se sont déplacés en nombre, au moins vingt personne de tout âge le salue, le pleure après l’avoir longuement enlacé sur le quai! Depuis notre arrivée en Amérique du Sud, la même scène se produit à chaque fois qu’on passe dans une gare. Ils sont là, unis, fières de montrer leur attachement, sans retenue face à leur peine de voir un proche s’éloigner, heureux d’avoir pris le temps de l’accompagner jusqu’au bout.  La famille est importante en Amérique du Sud, les rapports humains sont profonds, la vie n’est pas toujours facile mais les piliers sont là.
Je regarde les visages qui m’entourent, nous sommes dans les terres andines de l’argentine, une grand partie de la population est d’origine aborigène. Les visages sont typés, la peau est plus foncée, la plus part des femmes ne dépassent pas un mètre 55,  leurs longs cheveux noires sont tressés.. Sur le quai, un kiosque à journaux alignent  les couvertures de magasines de mode, de bien être , de people, les femmes affichées sont blanches, occidentales, fines, aux yeux clairs, souvent blondes, comment s’identifier et se sentir concerner par ses revues quand on est si  loin des dictats de beauté venté par les médias.
Nous sommes assis à l’avant du bus. Nous avons choisi ses sièges afin d’avoir de la place pour allonger nos jambes, nous n’avions pas pensé que le chauffage était situé à l’arrière. Nous nous sommes gelés tout le voyage surtout qu’ils ne nous ont pas fournis de couvertures polaires!!! Après notre courte nuit dans le froid, nous atteignons le terminal de bus du village de La quiara marquant la frontière avec la Bolivie. 3500 mètres, nous sommes saisis par le froid, il est 6h30, il fait nuit noire. La frontière n’ouvre qu’à 7 heures. Nous patientons dans une pièce mise à disposition des voyageurs. Les filles pénétrent à l’intérieur impressionnées par les visages nous entourant. Des boliviens  aux traits marqués par la vie. Les cholitas, les femmes portant l’habit traditionnel, sont vêtues de collants épais aux motifs géométriques, pardessus une superposition de jupes tombant au niveau des genoux leur façonne des formes généreuses. Elles sont habillées de pulls en laine et protégées du froid grâce à une couverture posée sur leurs épaules. Coiffées d’un bonnet leurs deux longues nattes sont rassemblées à leurs extrémitées par une décoration de perles appelé « Tulma ». Maje et Bonnie sont fascinées par cette population andine vivant encore de façon si traditionnelle.
À 7 heures, nous prenons un taxi pour la frontière située à 2 km. Les formulaires sont vite remplis et c’est avec les premiers rayons de soleil du jour que nous arrivons en Bolivie. De villazon à Tupiza, nous prenons un taxi collectif.

À 9 heures, nous parvenons à Tupiza, le soleil cogne, il fait bon. Nous nous rendons à l’hôtel Mitru qui est fortement conseillé par le guide du routard. On comprend de suite les raisons de cet entrain. L’endroit est très agréable, les prix corrects, nous payons 320 Bolivianos pour une spacieuse chambre avec salle de bain privée, le petit déjeuner en buffet est inclus. Les propriétaires possèdent l’agence Tupiza Tours très réputée pour ses excursions dans le sud Lipez. Nous nous rendons aux bureaux de l’agence situés dans le même bâtiment. Magalie nous reçoit chaleureusement. Elle nous propose de partir dès le lendemain pour 4 jours accompagnés d’un chauffeur guide et d’une cuisinière.  Afin de bénéficier d’un meilleur tarif, on partage le 4×4 avec une autre personne: une française de 61 ans. Le coût de l’excursion nous revient à 1000 B par personne au lieu de 1200.

Nous sommes passés à la pharmacie montrer le doigt de Maje. Elle s’est plantée une écharde sous l’ongle il y a 5 jours et son doigt est légèrement infecté. Lorsque la pharmacienne à regardé son doigt, Maje s’est sentie mal et elle s’est évanouit !!! J’ai vu ses yeux se révulser, c’était horrible … Étant moi même très sensible aux manipulations de mes blessures, j’ai directement ressenti son mal être . Elle est revenue à elle tout sourire, en nous regardant et se vantant d’avoir rêvé.
Nous avons suivi les conseils de la pharmacienne et nous nous sommes rendus à l’hôpital ou après avoir patienter au milieu des locaux nous avons été reçu par le médecin. Il a étalé une crème anesthésiante sur son doigt et après plusieurs tentatives a retiré l’écharpe de son doigt purulent sous les yeux attentifs de Gaston.
Maje est sortie avec un beau pansement et nous avons réglé la consultation qui s’élevait à 7 bolivianos, c’est à dire moins d’un euro!!!!

 

Le 1er juin

Nous avons passé une excellente nuit, les matelas étaient des plus confortables, nous nous réveillons bien reposés, nous en avions bien besoin!!
On démarre la journée en avalant une gousse d’ail chacun!! Victor de Hôtel « Salta por Siempre » nous a conseillé ce remède contre le mal d’altitude.
Copieux petit déjeuner. Un grand buffet composé de pains, d’œufs brouillés, de pancakes, de jus de fruits frais, de confitures maisons dont une à la fraise excellentissime.
L’hôtel Mitru est vraiment bien tenu, le service est soigné, tout est propre,  il y a même une piscine pour les belles journées d’été!
Nous avons rendez-vous à 8h pour charger nos bagages et partir pour le sud Lipez! Magalie nous annonce que nous partons que tous les quatre, la française s’est retirée de l’excursion. Elle ne souhaitait pas partir avec une famille. Tant mieux, nous l’avions croisée au petit déjeuner et elle était des plus austère!!!

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On fait connaissance avec Alfredo notre chauffeur et Marlène, sa femme, qui sera notre cuisinière pendant 4 jours. Ils sont souriants, chaleureux, nous sommes heureux de partager ce voyage avec eux. Nous sommes trois 4×4 de Tupiza Tour à partir ce matin: sans nous compter, il y a 2 français Mathilde et Gaël , deux québécois Jessica et Simon, 2 australiens Joe et Pannie, un américain Sean et deux Israéliens Dominique et André qui sont les vétérans du groupe : tous très sympa!!
Dès la sortie de la ville nous quittons la route asphaltée pour la piste. Notre parcours commence au milieu des magnifiques roches de la Quebrada Del Palala appelée aussi la vallée de la lune. Creusées par l’érosion, la montagne ocre est comme lacérée. L’eau ruisselle est affine ses lames de roches se dressant dans le ciel bleu profond.
On poursuit par la traversée de plaine ou paissent lamas, vigognes et quelques ânes. On découvre avec plaisir des groupes de suris qui détalent à notre approche. On découvre aussi un étrange animal, trop mignon, moitié lapin, moitié écureuil, un vizcacha.
On visite les ruines de San Antonio de Lipez, une ancienne cité pré Inca. Au treizième siècle, la population a été en grande partie décimée par une épidémie arrivée avec une femme de passage. Suite à cette hécatombe, les survivants ont abandonné la cité. On verse 15 bolivianos pour la visite expliqué par un guide local. Ses enfants patientent près de sa femme qui encaisse la modique somme. Maje et Bonnie offrent à chacun des enfants une voiture miniature. Ils semblent très émus. On a acheté quelques jouets à Tupiza pour distribuer lors de notre excursion mais on réalise qu’on aurait dû acheter aussi des légumes, des fruits… Les familles peuplant cette partie de l’Altiplano vivent essentiellement de l’élevage de Lamas, pour se nourrir ils possèdent la viande des animaux mais doivent s’approvisionner à Tupiza pour tout le reste, les légumes, les fruits, le lait…
On passe un col plus haut que le Mont Blanc à 4850 m d’altitude et on découvre enthousiasmés la laguna Morejon avec en fond un volcan enneigé.  Le point de vue des plus scéniques est soufflé par le vent, nous sommes plus haut que le Mont Blanc, il fait frais!!!!
À la tombée de la nuit, on atteint le petit village de Quetena Chico ou nous passons la nuit. La pleine lune semble immense dans le ciel. Alfredo décharge nos sacs du toit du 4×4 et Marlène nous prépare une boisson chaude accompagnée de biscuits. Gaston sort le UNO et on partage quelques belles parties avec les québécois Jessica et Simon, les australiens Joe et Pannie et l’américain Sean. Maje s’éclate à jouer avec tous ces grands de différents pays, elle s’exprime en anglais, on sent qu’elle savoure cette vie en groupe. Les conditions rudimentaires imposées par ce climat austère rapproche les gens, pas d’ordinateur, d’iPad, de connexion internet qui isolent, ici on parle, on s’entraide, on apprend à se connaître.
Le refuge bénéficie de trois heures de lumière, nous en profitons pour préparer nos lits. Des socs de béton font office de sommier, au dessus un épais matelas habillé de drap et de 4 couvertures!!! Nous rajoutons notre sac de couchage, le refuge n’est pas chauffé, la nuit va être fraîche!
Marlène nous sert assez vite un copieux dîner chaud, une soupe suivie de croquettes de viande et de purée.
On ne tarde pas à rejoindre notre chambre, l’altitude fatigue! À peine nous nous installons que l’électricité est coupée. Gaston dort avec Bonnie pour la réchauffer et je partage mon lit avec Maje. Enlacés nous sommes prêts à parer les températures négatives de ce bout du monde!

 

Le 2 juin:

6h30: Comme à chaque fois, le plus difficile est de sortir du lit. Nous avons bien dormis, limite trop chaud sous nos nombreuses couches!!!
On s’habille rapidement, le petit déjeuner nous attend!!!
Marlène s’est levée à 4h du matin afin de préparer le repas du midi et installer la table du petit déjeuner. Ils sont habitués à ses rudes conditions tout comme les 1500 habitants de ce village perdu à 4200 mètre d’altitude! À 7h30, nous partons, il fait moins 10, dehors les habitants vaquent à leurs occupations sans être déranger par le froid. On croise une petite fille chaussée d’épaisses chaussettes portées avec des tongues, les hommes sont tout juste réchauffé par un pull de laine, ils n’ont pas de gants, pas d’écharpes! À l’inverse, nous avons revêtu toutes les couches possibles et boudinés dans nos doudounes nous soufrons encore du froid saisissant!! L’air est sec, très sec, trop sec…nous avons parfois l’impression de manquer d’air, nos pas sont lents et pourtant on s’essouffle!
La période la plus fraîche du Sud Lipez se situe en juillet et août. Les habitants attendent ces mois aux températures extrêmes pour allumer le poêle et chauffer les habitations. Il n’y a pas de bois ici, les combustibles sont précieux  et utilisés avec parcimonie! À l’inverse, en janvier, à la saison chaude, les températures grimpent jusqu’à 45 degré en plein jour! Que de contraste!!!!
Notre parcours longe la laguna Hedionda Sur aux tons oranges, la laguna Kollpa, le Salar de chalviri, la Laguna Bianca et enfin la Laguna verde.
Alfredo conduit vraiment très très bien, il maîtrise totalement son véhicule et ne prend pas de risque. C’est vraiment agréable de faire autant de route avec un conducteur comme lui!
Pour le déjeuner nous nous arrêtons à polqès, au bord d’une magnifique lagune ou se trouve des sources chaudes. Il y a 10 ans, Gaston s’était baigné dans une flaque d’eau, à présent un petit vestiaire a été construit et on peu se baigner dans un bain de 80 cm d’eau moyennant 6 Bolivianos par personne. Motivé par Gast qui était le premier à l’eau, tous les occupants des véhicules de Tupiza Tours se sont baignés, seule Bonnie a préféré accompagner Marlène en cuisine pour aider à préparer le repas.
Nous avons patauger 15 minutes dans l’eau de source à 37 degré. Ça nous a fait un bien fou, Maje a adoré!!!
À la sortie de l’eau, on était revigoré et le repas nous attendait. Bonnie a fait un peu de service avant de s’assoir à table fière d’avoir aidé au repas!
Nous avions informé une bolivienne du petit village vendait des Tulmas de perles de couleurs Nous en avons acheté deux rouges,
Dans le groupe, il y a deux jeunes bretons, Gaël et Mathilde, deux supers jeunes partis il y a 3 mois de France pour tenter de s’installer en Amérique du Sud. Ils voyagent dans quelques pays jusqu’à trouver le lieu ou ils voudront s’installer pour quelques années! C’est beau de voir des jeunes motivés et osant l’aventure!!! J’adore!! C’est la nouvelle jeunesse, aujourd’hui tous est possible en dehors de la France!!!
Notre dernière halte de la journée est aussi sûrement la plus scénique: la Laguna Colorada. Alfredo nous conduit au sommet d’une colline d’où la vue sur le volcan se reflétant dans l’eau aux reflets rouges est extraordinaire!!! Des milliers de flamants roses peuplent cette immense lagune, des groupes de lamas viennent s’y abreuver. On s’émerveille des envolées d’oiseaux et de leurs reflets dans l’eau quand ils marchent, leurs deux longues pattes formant des figures géométriques. Nous sommes chanceux, ce soir le vent ne soufflent pas, par contre lorsque il n’y a pas de vent les sédiments du lac montent moins à la surface et l’eau est ainsi moins colorée.
Lorsque le soleil se cache, nous rejoignons notre refuge.
Boissons chaudes, biscuits, parties de UNO, discussions, puis repas préparé avec soin par Marlène, ces soirées au froid sont chaleureuses!!!
Pour le plus grand plaisir des filles, au menu du jour c’est frites saucisses!!;-)

 

 

Le 3 juin:

-15 degré ce matin au bord de la laguna Colorada !!! Nous avons encore bien dormis au chaud sous nos multiples couches!!!
Ce matin c’est pancakes tartinés de Dulche di Leche au petit déjeuner…des centaines de calories pour parer le froid sévissant à 4300 mètres d’altitude.
Notre premier halte se fait au bord de la laguna Colorada… Un autre point de vue, d’autres couleurs …
Le deuxième arrêt est pour admirer des formations rocheuses érodées par le vent dont une forme un arbre de pierre: un Arbol de Piedra.
Le troisième 4×4 dans lequel se trouve Matilde, Gaël, Dominique et André est pour la seconde fois depuis le départ de Tupiza stopper à cause d’une roue crevée… Les chauffeurs ont tous une solide formation de mécano mais parfois les réparations nécessitent du temps. Depuis leur première panne, Maje veille toujours l’arrière de notre véhicule afin de s’assurer qu’ils suivent… Ce matin, elle s’inquiétait de leur absence… À juste titre!!
Après une bonne demie heure, ils nous retrouvent et nous poursuivons notre itinéraire à travers des paysages désertiques et quelques lagunes. On réalise que les paysages sont toujours aussi magnifiques mais que les lagunes étaient plus colorées il y a dix ans. Nous avions voyagé à la période la plus propice à la découverte du Sud Lipez. En octobre et novembre, il ne pleut pas et il fait moins froid, les lagunes ne sont pas gelées et abondent de flamants roses!!! Exemption faite pour la laguna Colorada qui possèdent des sources chaudes ainsi l’eau ne gèle pas et produits toute l’année des sédiments recherchés par les flamants roses.
La laguna Cañapa est toujours aussi magnifique avec ses sédiments blancs.
Le long de la piste des yaretas parsèment les terres désertiques. Ces plantes millénaires poussent de 0,5 mm par année. Elles ressemblent à de grosses boules de mousses mais sont durs au toucher. Elles sont composées de sèves ce qui en fait un excellent combustible. Dans une région dépourvue de bois, la plante a été fortement brûlée, afin de la préserver elle est aujourd’hui protégée!
On déjeune en pleine nature face au Volcan Ollague en activité avec ses fumerolles apparentes!
Une fois de plus nous sommes gâtés par Marlène qui nous a préparé au petit matin une salade, du poulet, du riz et des légumes.
Poursuivant notre route en direction d’Uyuni, nous traversons le Salar de Chiguana de couleur beige. Un Salar est un ancien lac assèché. Celui ci ne contient que deux % de sel comparé à l’immense Salar d’Uyuni composé de 100% de sel.
Après la plate plaine du Salar, nous traversons un autre lac assèché dont le fond était tapissé de coraux. Aujourd’hui appelé les « coraux pétrifiés », ces roches sont pointues et coupantes.
À l’approche d’Uyuni, la piste longe des plantations de quînoa. Vu que les graines sont semées en septembre et que la récolte a lieu en avril, les champs étaient vierges de plants. Le quinoa nécessite très peu d’eau et un bon ensoleillement, c’est la seule céréale qui résiste à ce rude climat.
Nous sommes privilégiés pour notre dernière nuit, nous logeons dans un bel Hôtel fait de sel, face au Salar, pourvu d’électricité et d’eau chaude!!! Nous sommes à 3500 mètres d’altitude, il fait moins froid. Le petit village qui nous accueille possède un petit commerce, très rudimentaire mais possédant quelques bouteilles de vin bolivien. C’est parfait pour un apéro de fin d’excursion :-)

 

Le 4 juin:

De plus en plus tôt… Il est 5h quand Alfredo frappe à notre porte!!! Nous partons dans une demie heure admirer le levé de soleil sur l’immense Salar d’Uyuni! Avec une superficie de 12000 m2, c’est le plus grand Salar de sel au monde! Il mesure au plus long 190 km et au plus large 120km! C’est aussi la plus grande réserve de litium au monde, une précieuse ressource pour le pays!
Nous roulons près d’une heure sur le Salar avant d’atteindre l’Isla Incahuasi. Sur les 23 îles présentent sur le Salar, c’est l’unique recouverte de cactus!!!
On s’acquitte des frais de visite s’élevant à 30 Bolivianos par personne et on gravit dans l’obscurité le chemin menant au sommet de l’île. L’horizon se pare de couleurs. Le Salar apparaît dans tout son immensité. Les cactus s’élèvent dans le ciel qui en s’éclaircissant se teint de rose. Il fait très froid mais le paysage est grandiose!
Lorsque le soleil brille au loin, nous redescendons sur le Salar ou Marlène a préparé un petit déjeuner au grand air. Les tables de sel sont recouvertes d’un tissu bolivien, le couvert est mis, les thermos sont remplis d’eau chaude et son sourire nous invite à nous régaler ! Cette femme, âgée de 35 ans,  a une santé et une volonté de fer! Elle s’est encore levée à 4 heures du matin afin de cuisiner le repas de midi et hier soir, après nous avoir concocté un excellent dîner, elle a cuit des brioches pour ce matin!!!!
La suite de la matinée est surtout dédiée aux prises de photos sur le Salar. Nous redoublons d’imagination pour faire la photo insolite… Panie et Joe sont les plus créatifs de tous, nous réalisons de superbes panoramas ou nous apparaissons deux fois sur la photo!!!
La Salar est d’un blanc aveuglant!!!
Nous marchons sur 12 mètres d’épaisseur de sel. Pour rejoindre Uyuni nous roulons une bonne heure perdue dans cette immensité blanche!
L’excursion se termine par un délicieux repas… Les autres véhicules partent voir le cimetière de train mais nous préférons poursuivre jusqu’au terminal de bus! Nous partons pour Potosi dans la foulée …
Au moment des aurevoirs, Bonnie, notre grande émotive, pleure de tristesse. Elle s’était attachée à Marlène et Alfredo. Marlène est émue également! Tupiza Tour est vraiment la meilleure agence avec laquelle nous pouvions partir!!!!
Maje aussi est triste, elle voudrait continuer le voyage avec le groupe.
On prend nos tickets pour le bus, on range nos sacs et les deux autres 4×4 arrivent au terminal. Panie, Joe et Sean partent aussi pour Potosi. On est heureux de pouvoir dire aurevoir aux québécois et à nos deux bretons qu’on a beaucoup appréciés!
On quitte Uyuni sous un soleil de plomb, nous sommes un peu triste mais heureux….ce trip dans le sud Lipez était formidable!!!!
Dans le bus, Maje me dit que la vie parfaite serait d’alterner 6 mois en France et 6 mois à l’étranger!!! Elle a tout compris !!!;-)

 

Potosi:

Nous arrivons à 17h30,la ville est baignée dans la lumière orangée du soleil déclinant. Potosi est la plus haute ville de plus de 100 000 habitants au monde. A 4080m d’altitude, les bus locaux crachent un nuage de fumée noire dès qu’ils accélèrent. La ville est bâtie sur une colline, les rues sont en pente, les places sont aménagées sur plusieurs niveaux, ici on grimpe ou on descend!
L’ancienne ville trésor de Bolivie, fait face à sa montagne sacrée, dont les mines sont encore en activité. L’argent a été entièrement extrait, aujourd’hui les miniers recherchent essentiellement l’étain. À la nuit tombée, les contours du Cerro Rico sont illuminés, de jour comme de nuit, la montagne domine la ville.
On dort au Carlos V, petit hôtel du centre ville. La réceptionniste nous conseille le restaurant Potocchi pour dîner. Le temps de préparation est long, très long, mais l’attente est récompensée par la qualité des plats…les soupes et les purées sont incroyablement goûteuses, on a l’impression de redécouvrir la saveur des tomates, des épinards et des carottes…
Le lendemain de notre arrivée, un rituel, bien trop violent pour la sensibilité des filles, a lieu sur la montagne. Pour assurer leur protection, les miniers sollicitent Patchamama en sacrifiant des lamas. En guise d’offrandes, ils déversent le sang des camélidés à l’entrée des mines. Il y a plus de 200 entrées de mines sur le Cerro Rico et ainsi plus de 200 Lamas sont égorgés…ça va en faire des écharpes !!!
Au sanglant sacrifice, nous privilégions la visite du couvent carmélite de Potosi. On retrouve par hasard Maude et Julien, un jeune couple très sympa du sud de la France. Nous les avions rencontrés dans le bus nous menant à Potosi. La visite en Français nous apprend les conditions d’admission des religieuses. Elles devaient être issus d’une famille fortunée car la dote à l’entrée était très conséquente. Ceux qui ne pouvaient pas régler en monnaie, faisaient dons de tableaux de maîtres, de miroirs précieux, de Murano, de tissus brodés…. Les salles du couvent sont aujourd’hui habillés de toutes ces précieuses donations: un véritable musée!. La tradition voulait que la deuxième fille des familles nobles soient envoyée au couvent dès l’âge de 15 ans. Elles n’en ressortaient plus jamais. Les religieuses vivaient cachées, elles avaient des temps de paroles limités et devaient passer leur temps à prier et travailler….Cet emprisonnement n’a cessé qu’en 1972!!! Aujourd’hui 6 religieuses vivent encore dans l’enceinte du couvent mais les règles de vie se sont allégées, elles peuvent sortir du bâtiment et rencontrer la population de même la dote n’est plus exigée…

 

Sucre:

L’arrivée à Sucre surprend tant la ville est immaculée de blanc. Le centre est une successions de bâtiments coloniaux très bien conservés. Un énorme marché couvert abrite les cholas venues de la périphérie de la ville vendre leurs produits. On a loué un petit appartement, nous sommes tout contents de pouvoir cuisiner. On en profite pour poser quelques invitations à dîner ;-) Un soir Penny et Joe, les australiens et le lendemain Julien et Maude, les français.
On fait nos courses au marché, les avocats et les tomates sont à tomber. On se régale de poulet accompagné de petits pois et de Ocas, . On tente le fromage local qui s’avère excellent avec de l’huile d’olive et un verre de vin bolivien:-)

Le dimanche c’est jour de marché à Tarabuco. Les populations rurales avoisinantes descendent de leurs montagnes pour vendre leurs produits. Elles arrivent avec leurs ânes chargés de récoltes ou de tissus. Les ethnies se différencient par leurs habits. Certains hommes portent un casque en peau, des femmes sont coiffées d’un chapeau parsemé de perles …Ils sont magnifiques mais impossible de prendre de clichés …Ils réclament de l’argent dès qu’un appareil photo apparaît …et on refuse de cautionner cette pratique…
On repart du marché le panier rempli de tissus et de cadeaux souvenirs!!!

Le 8 juin:

Nous passons l’après midi au Crétosorus, un musée dédié aux dinosaures!!! Une paroie de plus de 200 mètres avec des empreintes de dinosaures a été découvertes en périphérie de Sucre dans les années 80, le site a été protégé et le gouvernement a créé ce musée! La paroie était le fond d’une ancienne lagune asséchée, après plusieurs tremblement de terre, le fond de la lagune s’est retrouvé en position vertical…impressionnant !!!! dans le parc, des animaux ont été reconstitués en taille réel, les filles sont impressionnées !!!
Nous repartons en fin d’après midi avec le bus local. En patientant, on découvre un petit bonhomme haut comme Bonnie entrain de nettoyer le bus pendant que le chauffeur se rassasie. Il n’a pas 6 ans, il s’active à balayer et à laver le sol du véhicule avec un linge mouillé! Ça nous bouleverse …On lui achète à manger, à boire et on lui glisse quelques pièces dans la main. Son regard s’illumine de bonheur. Il boit son coca en nous offrant un large sourire. Maje et Bonnie sont émues, elles réalisent leur chance. La confrontation entre leurs conditions de vie et celle du petit garçon ne peut les laisser insensibles!!!

Le 9 juin:

Nous voyageons de Sucre à La Paz via un bus de nuit de la compagnie Eldorado.. Le plus confortable des bus depuis notre départ et pourtant loin d’être le plus cher… Une réduction de dernière minute nous permet de bénéficier de tickets à 100 bolivianos au lieu de 180!!! Suite à nos dépenses au marché de Tarabuco, on apprécie ces économies :-)
Une arrivée à la Paz, ne laisse personne indifférent, Bonnie est subjuguée par l’immensité de la ville!!! Un tier de la population de Bolivie y vit!!! Deux millions d’habitant peuplent la Paz tandis que plus d’un million de personnes, les plus pauvres, habitent la ville d’Alto située sur l’Altiplano à 3800 mètres d’Altitude. Les riches privilégient les températures plus clémentes du bas de vallée. Près de 800 mètres de dénivelé séparent ces deux villes.  Depuis un an, un téléphérique relie ces deux mondes. Il a permis de diminuer le trafic incessants des mini-vans entre les deux cités.

Nous logeons dans le centre historique de La Paz. Quel plaisir d’arpenter les rues du marché quotidien. Les Cholitas sont toutes coiffées d’un chapeau melon, elles ne l’enfoncent par sur leur tête, elles le posent simplement et parviennent à le maintenir en place avec un art qu’on ignore. Sur des tissus colorés, les marchandes étalent leurs récoltes, elles forment des montagnes d’avocats, de poivrons, de tomates… Les filles découvrent amusées les dizaines de sortes de pomme de terre, des violettes, des roses, des noires…. On apprend que les pommes de terres sont parfois séchées au soleil afin de les déshydrater ce qui permet de les conserver plus longtemps!
En Bolivie, la population consomme beaucoup de maïs, on trouve des épis noirs, blancs, jaunes… Les grains sont plus gros et plus tendres. Des étals de plusieurs mètres vendent exclusivement des pop corn, les formes, les couleurs et l’assaisonnement diffèrent….des roses, des salés, des carrés, … Nous n’aurons jamais mangé autant de pop corn de notre vie!!! Nous restons, néanmoins, très traditionnels et préférons aux colorés les petits blancs tout chauds venant d’éclater!!!

Après une partie de baby foot au milieu des étudiants, on déjeune une milanaise au marché central. Gaston est un peu brassé, il a besoin d’un bon expresso pour se requinquer!!! Le guide du routard propose toujours quelques adresses ou trouver un bon café … À peine arrivés dans l’établissement recommandé qu’on entend un français tentant de motiver son fils à  rentrer faire ses devoirs… On connaît bien cette situation….on échange quelques mots et ils finissent par se joindre à notre table…la famille Leblond est « tourdumondistes » aussi!!!! On parle, parle, et parle encore de notre voyage respectif, on compare nos ressentis, on énumère notre parcours, on partage nos souvenirs … C’est étonnant comme deux tours du monde peuvent se faire de façon différente, tant de pays à visiter et de choix à faire… On remarque de suite qu’ils sont beaucoup plus organisés et plus précautionneux que nous:-) Les galères et les plaisirs de voyage restent les mêmes :-)
Les enfants jouent ensemble, on les entend rigoler, ils mettent un sacré désordre sonore dans le restaurant;-) Juliette a l’âge de Bonnie et Tom a 3 ans de plus que Maje. Les parents, Léonor et Vincent , sont extras, le courants passent direct …  Ils poursuivent eux aussi leur parcours par le lac Titicaca, on décide de se retrouver à Copacabana afin de vivre ensemble les deux jours sur l’ile du soleil !!! Les enfants sont enchantés et nous de même !!!

On apprend que le jeudi est jour de féria à El Alto, des centaines de marchands étalent leurs produits dans les rues situées au sommet de la remontée mécanique. Nous prenons un des mini vans qui nous déposent à la gare du téléphérique. La montée est extraordinaire, on domine la ville, le mont enneigé culmine au fond de la vallée. Les habitations recouvrent toutes les pentes encerclant la ville jusqu’au plateau de l’altiplano écrasé sous le soleil. Le marché est immense, on nous signale de faire attention aux filles, on ne s’inquiète pas d’avantage et on part à l’affut des bancs regorgeant de produits manufacturés, de vêtements d’occasion, de nourritures….on trouve de tout ici… Je prends quelques photos avec le gros canon puis le range dans le sac par précaution, et je garde mon téléphone dans ma poche pour quelques clichés rapides, c’est si authentique!!! Les cholitas sont coiffées de leurs chapeaux melons ou d’un bonnet, un tablier recouvre une partie de leur longue jupe plissée, un châle à frange réchauffe leurs épaules…Soudain une d’elle attrape les filles par le bras et nous force à leur tenir la main, avec notre pauvre espagnol, on comprend qu’elle nous met en garde contre les voleurs d’enfants!!! On s’agrippe aux filles et on poursuit notre balade un peu stressé. Quelques minutes après, je réalise que la poche de ma veste est ouverte, on m’a volé mon téléphone sans que je ne m’aperçoive de rien…! Je suis enragée contre moi même, j’aurais dû me méfier d’avantage, je n’ai fait aucune sauvegarde depuis le début du tour du monde et toutes mes notes, mes photos, mes comptes, mes idées étaient dedans… Ma seule consolation est d’avoir mes filles, un téléphone n’est que du matériel !!!
La vue depuis Alto est de toute beauté, le ciel d’un bleu intense contraste avec les habitations en brique de terre ocre recouvrants la colline. On redescend dans la vallée, chargés d’un nouveau sac mais allégés d’un téléphone !!!

Le 12 juin:

, nous arrivons à Copacabana au bord du Lac Titicaca. Situé à 3810 mètres d’altitude, c’est le plus haut lac navigable du monde, grand comme 15 fois le lac Léman!!! 8400 km2 et 200 km de long, il est partagé à 55 % par Le Pérou et 45% par la Bolivie!!!
Nous sommes heureux de rejoindre la famille Leblond avec qui nous avons prévu de partir deux jours sur l’ile du soleil!!!
Après un déjeuner au Mercado Central pour savourer une truite du lac et une montée sur la colline qui domine le lac, nous passons notre après-midi sur la terrasse de l’hôtel…Maje doit terminer quelques évaluations… Il nous reste dix jours pour clôturer le programme!!!
En fin d’après midi on retrouve nos nouveaux amis avec lesquels nous dînons …on s’organise pour notre virée sur l’ile du soleil…Rendez vous donné à 8h30 demain matin devant l’embarcadère;-)

 

Le 13 juin:

Deux heures de bateau lent, très très lent, nous permettent de rejoindre la rive nord de l’ile du soleil… On achète quelques sandwich au village avant de démarrer l’ascension du petit chemin de pierre menant aux ruines… Pas de voitures sur l’ile du soleil, que des ânes, des cochons, des moutons et quelques lamas … On marche d’un pas tranquille, l’altitude et la chaleur freinent toute tentative d’accélération;-)
On déjeune à côté des ruines au sommet de la colline, la vue est superbe, le lac à perte de vue, les montagnes enneigées au loin, le silence…. On termine notre « repas » par des twix… Les Leblond sont en total addiction avec les deux doigts coupe faim, Maje les surnomme la Famille Twix;-)
Nous poursuivons le chemin vers le sud de l’ile…après deux heures de marche, nous coupons à travers champs afin de rejoindre un petit hameau au bord de mer ou Vincent a lu qu’il était possible de passer la nuit… Par chance, nous trouvons le logement idéal pour notre petit groupe: une belle petite pension aux murs recouverts d’adobe possédant 3 chambres de disponibles…

L’endroit se nomme « Playa Del Inca »…

C’est simple, propre et décoré avec goût. Les enfants partent jouer sur la plage. L’eau n’est pas propice a la baignade, 9 degré c’est froid!!! Ils construisent des maisons avec les éléments naturels qu’ils trouvent dans le sable: plumes, bois, pailles, tout y passe… leur imagination est débordante et le résultat a fier allure !!!:-) Ils sont très contents de leurs maisons et nous sommes impressionnés par leur créativité ! Pendant ce temps, les parents partagent des parties de Uno endiablées et lorsque l’heure de l’apéro sonne, une bouteille de vin bolivien vient égailler la table … C’est pas du grand vin et pourtant cet apéro était savoureux…c’est bon d’être dans un coin perdu et d’être bien entouré, sans compter que quelques heures entre adultes ça fait du bien!!!;-)
A 19h30, le repas est servi … À peine le dessert avalé que les yeux des enfants clignotent …tout le monde est fatigué …

A 21h les trois chambres sombraient dans l’obscurité…

 

Le 14 juin:

Grands petit déjeuner en terrasse face au lac… Qu’est ce qu’on est bien loin dans notre petit village paumé!!!! On traine jusqu’à dix heures avant de reprendre le chemin du sud…vers midi nous atteignons le village principal de l’ile. Nous déjeunons une truite face au lac avant de reprendre le bateau qui nous permet de rejoindre Copacabana!

En soirée, on partage une dernière pizza avec les Leblond.., très contents de notre sortie sur l’ile du soleil, on se donne rendez vous pour le Macchu Picchu:-)

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