CHILI

Nous arrivons à Santiago le dimanche 10 mai à 21h30…

Nous prenons un taxi « non officiel » (donc moins cher) pour nous rendre chez les parents de Romain (un ami de Gaston). Ils nous accueillent pour nos premiers jours au Chili… Nous avons droit à une arrivée des plus chaleureuse!!! Sophie et Mauricio nous ont préparé un délicieux repas, spécialité à base de lentilles et de saucisses … On se régale!!! Nous dînons dans des assiettes en céramique marron que je trouve superbes… Elles font parties de l’artisanat chilien, ce sont des ceramica de Pomaire… Et j’ai bien l’intention d’en ramener à la maison..

Nous passons notre journée du lundi dans le centre de Santiago. Maurizio nous a indiqué quelques endroits à visiter. Chilien d’origine, il a fuit la dictature de Pinochet et s’est expatrié une vingtaine d’année en France avant de revenir sur ses terres natales accompagné de Sophie :-) Écrivain, il raconte mieux que quiconque les années Allende et la dictature Pinochet. Etudiant en littérature, il faisait parti de ses intellectuels qui osaient se rebeller contre le régime Pinochet. Des milliers d’opposants ont été torturés, nombreux sont morts. Quand le climat est devenu trop tendu pour sa vie, il a quitté le pays. Deux millions de chilien se sont exilés pendant les 17 années de dictature. Depuis 1990 le pays se relève de ses années noires mais trop d’impunités n’ont pas permis le travail de mémoire de se faire: la dure histoire du Chili, si récente, est encore bien présente dans le cœur des chiliens.
Mauricio est non seulement un narrateur passionnant mais aussi un guide talentueux. Il aime son pays et est d’excellents conseils pour le faire découvrir  …
Nous prenons le métro pour nous déplacer. Nous paraissons bien blancs et bien blonds entourés de tous les chiliens.
On va au marché acheter du poisson destiné au dîner, on en profite pour déjeuner au stand 19 ( conseillé par nos hôtes)… Une païlla de mariscos et du pescado … Très bon … Froids au premier abord, les chiliens sont très sympathiques, ils nous interrogent pour savoir si on a besoin d’être guidé, ils nous questionnent pour savoir d’où on vient… Nous subissons nos lacunes en espagnol, on aimerait converser mais l’anglais est très peu parlé.
Les chiliens sont assez petits et souvent habillés de couleurs sombres, on ne voit pas de signes extérieurs de richesse,  la vie ne semble pas simple pour tous le monde…
En fin de journée, nous nous rendons au marché artisanal de Los Dominicos… Mauricio nous l’a conseillé pour acheter des poteries… L’endroit est très agréable, des ruelles de petites échoppes construites de façon traditionnelle propose l’artisanat chilien. On repart avec 8 assiettes et 4 plats, mon panier est déjà lourd alors qu’on vient d’arriver en Amérique du Sud… Ça promet!!

Archipel de Chiloé

On nous avait prévenu, Chiloé possède un des climat les plus humide au monde, ses côtes disparaissent souvent sous la brume et ses terres sont abondemment arrosée par les pluies!!! En résulte, des collines verdoyantes ou paissent les moutons et des forêts denses envahies par les mousses…  Dans ce climat rude et gris, les insulaires ont préservé une existence riche en traditions. Leurs habitations, recouvertes de tejulas, sortes de tuiles en bois, sont peintes de couleurs vives. Au bord de l’eau, les maisons dressées sur pilotis sont appelées « palafitos ». Les habitants se sont créés un décor riche en couleur pour parer le gris du ciel. Leur patrimoine architectural se découvre aussi par les quelques 150 églises en bois dont 16 sont classées au patrimoine mondiale de l’UNESCO. La route des églises constitue un itinéraire agréable pour parcourir l’île de village en village.

Les traditions culinaires sont un autre attrait de l’archipel, les produits de la mer font le bonheur des voyageurs: crustacés, ormeaux, saumon, merluza, congres, crabes… Les produits de la terre ne sont pas oubliés, le fromage, la viande, le miel, les pommes de terres se cuisinent tout autant. Une des spécialité de l’île est le curanto, un plat à base de viandes fumées, de saucisses, de moules, de coquillages et de patates cuit lentement à l’étouffé… Son mode de cuisson et sa composition en font un met très proche du Four Thaiti que nous avions mangé à Mooréa! Étant donné les deux jours de grosse pluie que nous avons subit à Castro, nous avons écumé tous les bons restaurants de la ville. Quel plaisir de trouver des ormeaux à la carte, de déguster du saumon à la plancha goûteux et coloré, de se régaler d’un curanto si généreusement servit qu’il pourrait suffire à nourrir la famille!!  
Il est facile de se loger sur l’île, des cabanas, des petits hôtels, des chambres d’hôtes sont proposées partout… On trouve en moyenne une chambre pour 25 000 pesos soit 38€ incluant le petit déjeuner … Pour ce prix on doit se contenter de deux lits mais en se serrant ça passe et on se réchauffe :-) Nous sommes dans la partie nord de la Patagonie, les nuits sont fraîches, les poêles réchauffent les habitations, ça sent bon le bois. Lorsque l’obscurité tombe, on rentre se réchauffer près du feu. On fait sécher nos chaussures, elles supportent mal les trombes d’eau qui s’abattent sur l’île!! On en profite pour écrire et lire. Mauricio m’a prêté un des livres qu’il a écrit: « Sartre et la citroneta », je suis littéralement absorbée par ce récit à fond autobiographique.
Samedi soir, la sirène a retentit plusieurs fois pour sonner l’alerte face aux inondations. L’eau a été coupée dans toute la ville pendant 8 heures. La plupart des restaurants ont fermé leurs portes.

Dimanche, enfin une accalmie!!. Nous partons découvrir les petits villages perdus le long du littoral.
À Puerto Montt, nous avons loué une voiture, c’est la meilleur option pour parcourir l’île et se laisser aller au fil de nos envies… La plus tentante étant celle des arrêts photo, toutes ces maisons de bois colorées sont si jolies!!! Des ferrys permettent de traverser depuis le continent et de passer d’île en île. Il y en a souvent, pas besoin d’attendre ni de réserver. La vie des hommes est essentiellement tournée vers la mer, les bateaux de pêche colorés s’alignent dans les petits ports, sur l’eau des bouées oranges indiquent les casiers à crabes, les alignements de cultures de moules se dévoilent à marrée basse… Il y a un peu de la Bretagne dans ce paysage marin.
Une route pas toujours asphaltée nous mène aux villages de San Juan et de Tenaun. Leurs églises classées à l’UNESCO sont particulièrement belles et bien conservées. San Juan est difficile d’accès, une longue pente très raide mène au village à l’ambiance mystique. Quelques maisons en front de mer, une fabrique de bateau, un petit commerce et quelques locaux emmitouflés dans leurs habits sombres nous observent intrigués de notre venue. Tenaun semble à peine plus peuplé. L’unique rue est déserte. Quelques habitations s’écroulent, abandonnées aux intempéries. Dans ce décor de bout du monde, l’église peinte en bleu ciel illumine, parée de deux grandes étoiles blanches sur sa façade, elle est magnifique! En frappant à la porte d’une maison ou est dessinée une clé, une petite dame âgée nous accompagne visiter l’église. Les fidèles doivent être encore nombreux, les bancs pour s’agenouiller sont habillés de tissus brodé et l’allée centrale est recouverte de tapis.
On ne trouve ni hôtel, ni restaurant. Les habitants ne vivent pas du tourisme, il y en a pas… Les hommes pêchent, les femmes tricotent. Tous est fait main ici, les pulls, les bonnets, les gants, les couvertures, les tapis, … La laine habille les hommes et les maisons. Nous trouvons une chambre chez l’habitant pour passer la nuit: « Chez Mirella ».  Le dîner et le petit déjeuner sont proposés. On se régale de saumon à la plancha et de pâtisseries maison. Mirella à un fils de 9 ans et un petit la chien, les filles ont passé leur soirée à jouer.
Ce soir nous repartons pour Santiago. On se décide à acheter deux couvertures de fabrication locale … On craque aussi pour une décoration murale faite en laine et branchage…
On prend la route retour direction Ancud. À mis chemin on croise un camion roulant à vive allure, il projète  un petit gravier qui heurte notre pare-brise. Il y a un pète :-( On essaie  de ne pas se miner le moral mais on sait que ça va nous coûter quelques billets!! Pas de chance… On s’arrête à Àncud acheté du miel, on pensait ramener un beau panier qu’on avait repéré mais le pare-brise nous coupe toute envie de dépenser d’avantage …
On traverse avec le ferry, roulons jusqu’à Puerto Montt et rendons la voiture à Karim qui s’aperçoit assez vite du pète… Ce sera 60000 pesos à régler … Soit 90€ :-(
Après une nuit dans notre car Tur-bus semi-cama nous parvenons à Santiago. Les filles sont toutes heureuses de retrouver Caramello, le chien de Sophie et Mauricio. Elles passent la journée à le faire marcher, assoir, sauter… Elles l’ont épuisé si bien qu’il s’est cloitré dans sa niche toute la fin d’après midi. Elles ont alors nettoyé les feuilles mortes de toutes la cours et de la rue …
Avec Gaston nous étions ravis de retrouver nos hôtes. J’ai eu une bonne migraine qui m’a couché quelques heures mais à mon réveil j’étais d’attaque pour préparer les bagages… Nous quittons le Chili demain pour Mendoza.
Notre dernière soirée a été  encore une fois fort plaisante. Quel plaisir de s’attabler avec Sophie et Mauricio!! À l’apéro, Sophie a tartiné une excellente terrine locale sur du pain ramené par Charlotte, une jeune française en stage chez la boulangerie Kayser! Mauricio a cuisiné un pot au feu! Le repas était délicieux, le tout arrosé de bon rouge et animé par l’énergie de Sophie et les passionnantes histoires de Mauricio…
Mercredi 20 mai, nous partons avec un petit pincement au cœur … Les belles rencontres sont toujours difficiles à quitter…:-)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>