ILES DE PAQUES

Le 5 mai

Après 5 h de vol, nous atterrissons sur l’île de Pâques, cette petite île située à 3700 km des côtés du Chili et à 4000 km de Tahiti!!! C’est un rêve d’arriver sur ce grain de sable perdu au milieu du pacifique… Tant d’énigmes non résolues sur les origines de ce peuple, tant de suppositions non confirmées sur la présence de ces Moaï debout, couché ou inachevés …

On constate rapidement que la culture locale est proche de celle des polynésiens, la langue officiel est l’espagnol mais le langue de cœur est le Râpa nui, bonjour se dit « yorana » comme à Tahiti !

Nous avons réservé une chambre chez une famille locale… Notre hôte se nomme Maria, elle a près de 80 ans et s’occupe de son « domaine » aidée de son petit fils Ito qui de haut de ses 20 ans passe la majeur partie de ses journées à surfer!!! La maison possède 15 chambres réparties dans un magnifique jardin regorgeant d’arbres fruitiers. Les pièces , laissées vide suite au départ des onze enfants de Maria, sont louées  aux touristes de passage sur l’île. Les locataires peuvent disposer de la cuisine et s’assoir à la grande table familiale. Nous payons 70€ par nuit sans aucun repas … On déjeune et on dîne souvent en même temps que Maria, elle nous propose ses confitures, sa purée d’avocat, les bananes et les citrons de son jardin. Notre espagnol est vraiment mauvais, quelques mots empruntés à des paroles de chanson et à mon italien nous permettent de communiquer…le reste se fait par des échanges de sourires !!!

Notre première rencontre avec un Moaï est à jamais gravé!!! On a tous des photos en tête de ces monolithes emblématiques de l’île de Pâques, leur faire face une fois dans sa vie met fin à tous ce qu’on peut s’imaginer à leur sujet. Nous sommes minuscules à côté de ses colosses! Ils sont dressés fièrement sculptant le ciel, la tête haute ils semblent nous snober, ils en imposent …
On décompte 887 Moaïs sur l’île: 4 mètres de haut et 12 tonnes en moyenne…taillés entre le 9ème et le 17eme siècle!

Les premiers habitants de l’île sont arrivés de Polynésie avec le roi Otomatoua. Grace a une fécondité  soutenue, la population s’est accrue rapidement. À son apogée, l’île comptabilisait plus de 15 000 insulaires dispersés en une vingtaine de tribus! Lorsqu’une personne influente mourrait, la tribus à laquelle il appartenait faisait sculpté un Moaï et le plaçait face au village afin de bénéficier du Mana du défunt ! Le mana est l’énergie positive du mort, il était censé protéger la tribu du mauvais sort. Les villageois enterraient le squelette du défunt au pied du Moaï.  
Les monolithes étaient sculptées directement dans la falaise. Ils proviennent tous de la carrière du volcan « Rano Raraku ». 4 à 5 ans étaient nécessaires à la réalisations d’un Moaï de 12 mètres de haut!!! Les sculpteurs travaillaient uniquement pendant la saison des pluies lorsque la roche humide facilitait leur tâche. La roche était du tuf, un mélange de cendres volcaniques collées par la chaleur, ils la sculptait avec un toki en basalte.

58 Moaïs sont coiffés d’un « pukao », un couvre- chef réalisé dans du tuf de couleur rouge, la couleur du pouvoir. À  l’origine, les yeux des Moaïs étaient recouverts de corail blanc, ce dernier a disparu avec le temps mais a été restauré sur quelques statues…
Après de nombreuses suppositions concernant le transport des Moaïs, les spécialistes se sont accordés en 2013 pour affirmer que les statues étaient déplacées debout! Une fois sculptée et dégagée de la falaise, la sculpture était glissée sur la pente du volcan puis basculée dans un trou creusé au pied de la montagne. Redressée, les sculpteurs terminaient leur travail sur la face qui  était au sol et gravaient trois pétroglyphes sur le bas du dos: un soleil, un arc-en-ciel et la pluie. Le pied de la statue était biseauté afin d’incliner le Moaï en avant, en le basculant de droite à gauche en tirant sur des cordes les hommes le faisaient marcher, d’autres  bras le retenait par derrière pour le contrôler. Des chemins aplatis facilitait l’avancement. Le travail était laborieux, on pense qu’un Moaï sur trois se brisait avant d’arriver à destination !!
Au 17 eme siècle, la déforestation sur l’île est massive, le bois sert à la construction des habitations, au transport des Moaïs, à brûler les morts mais aussi à fabriquer des bateaux… Il ne reste bientôt plus aucun arbre, plus de bois pour construire des bateaux de pêche, plus de barrières naturelles pour protéger les cultures des vents… La terre s’assèche et s’appauvrit, les cultures ne donnent plus, le poisson se fait rare et la famine s’installe sur l’île. Les chefs des tribus pillent les villageois si bien que le peuple affamé finit par se révolter! Les guerres entre longues oreilles ( les nobles) et les courtes oreilles ( le peuple) ont commencé !!! Pendant ces affrontements la population va fortement diminuer. Les Moaïs, censés veiller sur les villageois, vont être couchés, maltraités et endommagés! Lorsque les statues étaient mise à terre, la tribu n’avait plus de futur et s’avérait vaincu!!
Relever les monolithes était fastidieux, croire au mana protecteur des ancêtres après tous ces morts était compliqué, sculpter des Moaïs pendant des années pour qu’ils soient cassé lors de leur déplacement était décourageant, on suppose que toutes ces causes ont fini par lasser les villageois et que c’est ainsi que du jour au lendemain ils aient cessé de fabriquer des Moaïs…

Les Rapa Nui connaissent par la suite la visite de plusieurs bateaux. Certains souhaitaient uniquement se ravitailler en vivre mais d’autres viennent chercher de la main d’œuvre bon marché!!! Les péruviens font esclaves 1500 pascuans. Seuls 15 d’entre eux reviennent vivants mais porteurs du virus de la variole!!! Nombreux insulaires sont contaminés si bien qu’au début du 19eme siècle il ne reste plus que 111 âmes sur l’île !!!

Aujourd’hui on compte 6000 habitants dont 3500 râpa nui… Les 2500 autres îliens sont principalement chiliens mais aussi français… Une trentaine de compatriote se sont exilés sur ce grain de sable si loin de tout…L’île de Pâques est devenue une destination prisée des voyageurs, nombreux tentent de venir s’y installer pour profiter des revenus intéressant qu’apportent le tourisme!!! Actuellement, les râpa nui se révoltent et se mobilisent pour conserver leur trésor et éviter de le partager avec le Chili… Depuis un mois, l’entrée du parc est gratuite, habituellement il faut régler un permis de visite s’élevant à 60 US $ par adulte !!! 99% de l’argent récupéré partiraient au Chili ce qui provoque le mécontentement des Rapa Nui qui souhaitent bénéficier de ce revenu pour entretenir l’île!!!… Pendant notre séjour de nombreux barrages avaient lieu sur l’île pour vérifier l’identité des passagers des véhicules, la chasse au chilien avait sonné… Seuls les râpa nui ou les chiliens et étrangers mariés à une râpa nui pouvaient franchir les bagages pour exercer le métier de guide!!!

L’attrait des touristes pour l’île de Pâques à profiter aux habitants, les prix des prestations et des accommodations s’envole d’année en année : une chambre pour deux se loue au minimum 50 €, la location d’un scooter  pour 8 h: 40€…. Il y a dix ans, on comptait 100 voitures sur l’île contre plus de 1000 aujourd’hui !!! La destination risque d’être de plus en plus coûteuse!

Le 7 mai:

Petite randonnée longeant la côte avant de monter les pentes du volcan Rano Kau. Au sommet on découvre l’immense cratère recouvert partiellement de végétation. Situé au bord de l’océan le site est splendide. Sur son flanc, le village cérémoniel d’Orongo accueillait chaque année l’élection de l’homme oiseau. Les candidats s’affrontaient lors d’une épreuve alliant escalade, nage et aptitude à trouver le pré q

 

Le 8 mai:

Ce matin réveil matinal pour admirer le levé du soleil sur les 15 Moaïs de
Guillaume et Agathe passent nous récupérer en voiture à 7h15… Le soleil se lève à 8h30 ici, c’est pas trop tôt mais bien assez pour nous actuellement …on a du mal à récupérer de notre décalage horaire depuis Tahiti…5 heures ça se ressent !!!
C’est les 30 ans d’Agathe, on a préparé un thermos de café, des tartines beurrées et du chocolat pour l’occasion… Nous avions déjà croisé ce sympathique petit couple en Birmanie, leur tour du monde est aussi leur voyage de noce;-) c’est beau…
On roule doucement dans la nuit noire veillant à ne pas accrocher un des nombreux cheval sauvage de l’île … Ils surgissent sans prévenir des fourrés, il y a de nombreux poulains, les filles sont contemplatives!!! Certains chevaux sont malades, les lupins jaunes qui recouvrent une partie de l’île sont toxiques pour eux..

Sur la route pour le levé de soleil, nous sommes bloqués à un barrage ou une ancienne de l’île refusent de nous laisser passer sans la présence d’un guide râpa nui à nos côtés … Nous rebroussons chemin et décidons de contourner l’obstacle en empruntant une autre route allongeant fortement notre trajet mais qui sauverait notre matinée …. La aussi un barrage nous attend mais cette fois un sympathique jeune homme nous ouvre la barrière et nous souhaite une belle journée …
Le levé de soleil était un peu fade en couleur, des nuages voilaient l’horizon mais notre joie d’être sur cette île ne pouvait dépendre de quelques couleurs !!! Nous repartons en voiture lorsqu’une odeur de brûlée se fait sentir… Agathe s’arrête  et découvre le pneu avant droit éclaté… Il faut dire que la fin du pneu était forcément proche vu son état … Les garçons galèrent à trouver le crik et réalisent rapidement qu’il n’y a aucune clé dans l’auto pour ôter les verrous !!! Nous voilà au beau milieu de nul part à attendre un véhicule qui pourrait nous aider … Après quelques minutes un véhicule de location conduit par des chinois approche … Ils n’ont pas la clé pouvant nous aider..Nous décidons de partir au village chercher de l’aide… J’embarque avec Agathe dans la voiture des chinois tandis que les garçons, Maje et Bonnie attendent un autre véhicule ou notre retour… Plusieurs véhicule passeront mais il faudra au moins une heure afin de trouver la bonne clé qui permettra la réparation de la roue;-) Quand nous revenons avec Agathe accompagnées du réparateur de l’agence, les garçons avaient terminé le travail et s’apprêtaient à partir… Maje et Bonnie ont adoré cette aventure qui sera leur meilleur moment de la journée ;-)
Pour nous, le meilleur moment sera la plage d’Arranga! Dominée par 5 Moaï, le site est une baie de sable blanc très fin ou nous nous sommes baignés dans les eaux cristallines … On a adoré se dorer au soleil de cette plage de rêve perdue à des milliers de kilomètre du continent!!!;-)

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